Syndic bénévole : êtes-vous vraiment couvert en cas d’erreur de gestion ?

Syndic bénévole assurance multirisque immeuble

Dans une petite copropriété, devenir syndic bénévole part souvent d’une bonne intention : rendre service, éviter des frais de gestion, simplifier les décisions.
Mais en cas d’erreur, de sinistre mal géré ou de contrat d’assurance incomplet, cette fonction peut engager votre responsabilité.
Avant de penser économies, une question doit donc être posée : êtes-vous vraiment couvert si votre gestion est mise en cause ?

Qu’est-ce qu’un syndic bénévole ?

Un syndic bénévole est une personne élue au sein d’une copropriété pour assurer la gestion de celle-ci. Souvent, un syndic bénévole s’occupe d’une petite copropriété (un immeuble de quelques appartements, un bâtiment ancien divisé en plusieurs logements…). Dès lors que la copropriété est d’une taille plus conséquente, c’est souvent un syndic professionnel qui s’occupe de la gestion – le coût est alors divisé entre les copropriétaires.

Le syndic bénévole s’occupe notamment :

  • De l’entretien des parties communes ;
  • Du paiement des factures ;
  • De la répartition des charges ;
  • Du suivi des travaux ;
  • De la souscription et du suivi des contrats d’assurance ;
  • De la convocation des assemblées générales ;
  • De la relation avec les prestataires ;
  • De la gestion des sinistres.

Même s’il agit bénévolement, il exerce une mission de gestion, qui peut engager sa responsabilité.

Le syndic bénévole est-il responsable en cas de problème ?

La réponse est oui. Le fait d’être bénévole ne signifie pas que le syndic est dégagé de toute responsabilité.
Sa responsabilité peut notamment être recherchée en cas de :

  • Mauvaise répartition des charges ;
  • Oubli de souscrire ou de renouveler une assurance ;
  • Contrat d’assurance incomplet ;
  • Absence de déclaration d’un élément important à l’assureur ;
  • Retard dans la gestion d’un sinistre ;
  • Décision prise dans l’urgence mais mal évaluée ;
  • Défaut d’entretien des parties communes ;
  • Négligence administrative ou financière.

Dans une copropriété, les décisions sont prises collectivement. Mais dans les faits, le syndic bénévole est souvent l’interlocuteur principal : c’est lui qui appelle l’assureur, choisit un prestataire, signe un devis, transmet les documents, suit les travaux ou répond aux copropriétaires.

En cas de sinistre important, son rôle peut donc être examiné de près.

Syndic bénévole en situation de gestion

Assurance de copropriété : ce que la loi impose

Depuis la loi ALUR, chaque copropriétaire doit être assuré en responsabilité civile, qu’il soit occupant ou non-occupant. Le syndicat des copropriétaires doit également être assuré contre les risques de responsabilité civile dont il doit répondre.

Concrètement, cela signifie qu’une copropriété ne peut pas se contenter d’une assurance approximative ou ancienne. Le contrat doit couvrir correctement les risques liés à l’immeuble, aux parties communes et à la responsabilité de la copropriété.

L’assurance multirisques de la copropriété garantit généralement la responsabilité civile du syndicat, mais le syndic doit le vérifier, car un défaut d’assurance peut constituer une faute dans l’exécution de son mandat.

Les risques concrets pour un syndic bénévole

Prenons un cas fréquent : un dégât des eaux survient dans un immeuble ancien. L’origine de la fuite est difficile à identifier. Les canalisations sont anciennes, les joints n’ont pas été entretenus, les parties communes sont touchées et plusieurs logements subissent des dommages.

Si le contrat d’assurance est ancien, incomplet ou mal déclaré, la copropriété peut se retrouver mal indemnisée.

Dégâts des eaux copropriété

Autre exemple : la surface de l’immeuble déclarée à l’assureur est incorrecte. Une copropriété pense assurer 1 000 m², mais après expertise, l’immeuble en représente en réalité 1 500 m², en incluant les parties communes qui avaient été oubliées lors de la déclaration. En cas de sinistre, l’assureur peut appliquer une règle proportionnelle d’indemnité : l’indemnisation peut alors être réduite de 50% (soit à hauteur de l’erreur entre la surface déclarée et la surface réelle).

Ce type de situation est plus fréquent qu’on ne le pense. Dans les petites copropriétés, les contrats ont parfois été souscrits il y a plusieurs années, sans visite de risque, sans mise à jour des surfaces, sans vérification des annexes, caves, garages, locaux poubelles ou dépendances.

Résultat : le syndic bénévole pense avoir bien fait les choses, mais découvre trop tard que le contrat n’est pas adapté.

Les garanties à vérifier absolument dans une assurance syndic bénévole

Une bonne assurance de copropriété ne se limite pas à une responsabilité civile générale. Elle doit être adaptée à la configuration de l’immeuble, à son usage, à son état d’entretien et aux risques réels.

Chez Groupe FEA, nous vous accompagnons pour assurer que votre contrat multirisque immeuble comprenne les garanties suivantes :

La responsabilité civile du syndicat des copropriétaires

Elle couvre les dommages que la copropriété peut causer à des tiers, aux copropriétaires, aux occupants ou à des prestataires.

Exemple : une tuile tombe sur un véhicule, un visiteur chute dans les parties communes, une canalisation commune provoque un dégât chez un occupant…

La protection juridique de la copropriété

Elle peut être précieuse en cas de litige avec un copropriétaire, un voisin, un prestataire, un assureur ou une entreprise intervenue dans l’immeuble.

La responsabilité civile du syndic bénévole

Elle permet de protéger la personne qui exerce la fonction de syndic bénévole en cas de mise en cause liée à sa gestion.

C’est un point majeur : le syndic bénévole ne doit pas seulement assurer l’immeuble, il doit aussi s’assurer que sa fonction est correctement couverte.

La recherche de fuite

Les dégâts des eaux représentent une part très importante des sinistres en copropriété. Or, dans les anciens contrats, la recherche de fuite n’est pas toujours bien couverte : il faut alors faire appel à une entreprise dont l’intervention est onéreuse, sans remboursement de la part de l’assurance.

Aujourd’hui, les contrats peuvent intégrer la prise en charge de la recherche de fuite, ce qui évite à la copropriété de devoir financer elle-même l’intervention permettant d’identifier l’origine du sinistre.

Les dommages mobiliers en parties communes

Vélos dans un local commun, mobilier stocké, équipements collectifs, objets appartenant aux copropriétaires mais présents dans les parties communes : ces éléments peuvent être exposés au vol, à l’incendie ou au dégât des eaux.

Certains contrats prévoient une enveloppe spécifique pour les biens mobiliers situés en parties communes. Là encore, il faut vérifier les plafonds et les exclusions.

Pourquoi faire appel à un courtier spécialisé en syndics bénévoles ?

Les petites copropriétés gérées bénévolement ont des besoins très spécifiques, mais le syndic bénévole n’a pas forcément la connaissance pour trouver le bon contrat multirisque immeuble.

Signature d'un contrat d'assurance multirisque immeuble

Un courtier spécialisé peut :

  • Analyser le contrat existant ;
  • Vérifier si les garanties sont à jour ;
  • Contrôler les surfaces et les éléments déclarés ;
  • Identifier les exclusions problématiques ;
  • Comparer les offres du marché ;
  • Négocier des garanties adaptées ;
  • Mettre à jour le contrat régulièrement pour s’assurer que les garanties sont toujours adaptées et que vous payez le bon tarif ;
  • Accompagner le syndic bénévole avant toute déclaration de sinistre ;
  • Éviter de déclarer inutilement un événement qui pourrait rester inscrit au dossier de la copropriété.

Ce dernier point est important. Lorsqu’un sinistre est déclaré, il peut peser sur l’historique de la copropriété pendant plusieurs années et compliquer une renégociation future. Un courtier peut aider à qualifier la situation avant transmission à l’assureur.

Vous êtes syndic bénévole ? Faites vérifier votre contrat d’assurance avant le prochain sinistre. Un audit rapide peut éviter une mauvaise surprise au moment où vous aurez le plus besoin d’être couvert.

Vous souhaitez en savoir plus ?

Pour toute information n’hésitez pas à contacter :

Arnaud CREVISY

Arnaud CREVISY

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